Objet-objet d’art ? Partenaire culturel : Abbaye de Maubuisson, St-Ouen-l’Aumône (95)


Cette ressource a fait l’objet d’une remise en forme afin de la placer dans une relation avec les programmes de 2015.


Cycle 4

  • Principales(s) notion(s) abordée(s) : Forme, espace, lumière, couleur.
  • Principales(s) question(s) travaillée(s) : La représentation / Le dispositif de représentation / L’objet comme matériau en art / Les représentations et statuts de l’objet en art.

Atelier de pratique artistique axé sur l’infographie 2D et 3D
Partenaire culturel : Abbaye de Maubuisson, St-Ouen-l’Aumône (95)

Demande : "Transformez l’objet de telle sorte qu’il devienne autant objet qu’objet d’art".
- la scène de départ est imposée -> choisir un ou plusieurs de ces trois objets (les autres peuvent être effacés)
- toutes les fonctions du logiciel de création d’images de synthèse sont autorisées
- votre travail est réussi si l’on hésite fortement entre les deux appellations
- durée de travail : 1 heure

Première heure :
Il s’agit du premier cours de l’année. Le premier quart d’heure est consacré à l’habituel lancement d’un atelier (présentation de l’établissement partenaire, axes de travail, sorties prévues, etc). Puis une présentation magistrale de l’interface du logiciel qui sera utilisé en 3D est faite en 15 minutes : elle doit permettre aux élèves d’entrer à la fois dans la logique de fonctionnement propre au programme, et dans les logiques procédurales, cognitives, d’une réalisation en 3D. Exemples de logiques de travail 3D à affirmer en début d’année :

- penser "3D" et non pas "2D" ; ouvrir constamment plusieurs fenêtres donnant différents points de vue d’une même scène.
- distinguer l’affichage "de travail" de celui "de rendu", notamment lors des recherches de textures et d’éclairage, afin d’éviter les erreurs de positionnement dans l’espace.
- savoir que chaque objet se décompose en facettes ; on agit sur lui soit dans sa totalité, soit par actions sur ses facettes.
Groupes d’outils désignés en priorité dans l’interface, devant amener rapidement l’élève à une situation de semi-autonomie :
- création de primitives, déplacement-rotation-redimensionnement
- simple désignation des fonctions de transformation (torsion, collage, extrusion, ...) et de rendu.
- navigation entre points de vue et modes d’affichage (filaire, lissé, ...) ; annulation.

Les vingt dernières minutes de cette première heure sont laissées aux élèves pour explorer le logiciel, sans aucune directive.

Deuxième heure :
Mise en place de la proposition ci-dessus "objet objet d’art ?"
L’incitation et les consignes de travail sont inscrites au tableau, telles qu’indiquées ci-dessus. Les cinquante minutes du cours sont entièrement occupées par la réalisation. Les interventions du professeur sont individuelles, et uniquement techniques (l’élève résout seul l’enjeu plastique). La verbalisation sera indirecte, c’est-à-dire menée la semaine suivante à partir des œuvres exposées à l’Abbaye de Maubuisson.
Les dix dernières minutes du cours sont occupées par l’enregistrement correct des réalisations (savoir distinguer l’enregistrement d’une scène de celui d’un objet, savoir distinguer un fichier contenant les paramètres de travail d’avec son fichier de rendu).

Et ensuite  :
Le deuxième cours est une visite de l’exposition "Sur les bords, 7e version..." de J-Ch. Nourisson, à l’Abbaye de Maubuisson, partenaire culturel de l’atelier.

Au cours de la visite, la verbalisation est faite devant une des œuvres de l’artiste : "Banc rouge", 2001, Moulage monobloc, béton BCV, peinture, 226,5 x 74,5 x 60 cm.

Travail sur les flottements de sens et de statut entre une chose et son appellation, son volume, son apparence (ses textures), sa mise en scène (la thématique générale de l’atelier étant : "l’infographie, entre simulacre et simulation").
Conseil : Avant toute visite, préparer les élèves aux questions que devrait soulever la confrontation à une œuvre utilisée comme référence.

Remarques diverses :
Est-il judicieux de commencer un cours d’infographie par une semi-exploration de tous les outils disponibles ? Sur ce point, aux arguments habituels s’ajoutent des considérations propres à l’infographie.
Il faut d’abord prévoir qu’une exploration de logiciel n’est possible qu’avec une interface qui s’y prête (c’est-à-dire explicite, et non truffée de raccourcis-clavier, ou d’alternances entre espaces de modelage, de texturage, et de rendu). De plus, le professeur doit s’attendre à être sollicité de toutes parts pour des blocages techniques. Enfin, ici, l’élément déterminant lors du choix de cette stratégie de cours a été le soucis de laisser une place positive aux manipulations hasardeuses ou incontrôlées, très fréquentes lors des démarrages en infographie 3D. A l’arrivée, des outils ont été intelligemment utilisés sans avoir pourtant fait l’objet d’une présentation préalable. Les trouvailles passent très vite d’un élève à l’autre (voir les installations d’image en arrière-plan ou les placages de textures). Mais la même incitation aurait pu être associée à plus de consignes, par exemple : "interdiction de changer les textures" ou "c’est l’objet lui-même qui doit être transformé, pas sa mise en scène". Les références artistiques invoquées auraient alors été également modifiées (M. Duchamp, G. Brecht, J. Koons, R. Artschwager, F. West, J-Ch. Nourisson, ou G. Pesce, etc).

- Plus d’infos sur l’Abbaye de Maubuisson

Professeur d’arts plastiques : M. Paul Robert